Classé dans : Voyages
Savez-vous combien il y a de tunnels autoroutiers pour se rendre à Turin à partir de Nice ? Donnez un nombre. Réponse à la fin.
La capitale du Piémont, première étape du voyage, est surtout connue pour sa cathédrale qui renferme le Saint-Suaire et pour son ancien palais royal qui rappelle le rôle historique de la Maison de Savoie. Pour les amateurs de foot, Platini, Deschamps et Zidane ont joué à la « Juve », le club local. Mais elle est aussi connue par la Fiat, chère à la famille Agnelli. Les bâtiments successifs du constructeur ont quitté le centre historique de la ville pour s’installer en périphérie et ont donné naissance, après un « relooking »réussi par Renzo Piano, à un important centre commercial baptisé avec un énorme « 8 »métallique rouge, comprenant nombre boutiques et un musée. Vous l’avez compris, Turin garde encore les stigmates d’une cité industrielle austère, malgré la reconversion culturelle et touristique opérée lors des JO d’hiver en 2006. Et, si la visite du parc du Valentino au bord du Pô et du « Borgo medievale », reconstitué pour l’expo de 1884 avec sa grande forteresse et ses maisons entourées d’enceintes et de tours, aura permis de se dégourdir les jambes après 388km d’autoroute, les rues et avenues de ka ville manquent visiblement de verdure. Heureusement aussi que la ville a 18 km de galeries en arcades, bien utiles pour visiter le cœur historique à pied et jeter un œil sur le marché de plein air, surtout lorsqu’il pleut, comme ce fut le cas le 2ème jour. Mais cela n’a en rien entamé le moral du groupe qui a fait son cinéma au musée et a rendu visite aux pharaons dans l’autre musée. Il fallait bien une tasse de Bicerini (café+chocolat+crème à ne pas mélanger pour déguster) au café San Carlo pour se remettre de toutes ces émotions et envisager avec optimisme la suite du voyage à Parme, le soleil étant annoncé pour le lendemain.
Parme, pour tout un chacun, c’est le fromage mais aussi le jambon. La fabrication du parmesan n’a aujourd’hui plus de secret après la visite de la « latteria Damiani » située à 11km de Parme, d’autant que le « Parmiggiano Reggiano » et le vin rouge « Fortana del Casaro » étaient excellents, tout comme le proscuitto, le salame et la coppa dégustés plus tard au restaurant. C’était le top ! Et une excellente entrée en matière pour visiter la cathédrale, le baptistère et, dans le complexe Pilotta, l’original théâtre Farnese entièrement construit en bois et pour admirer les œuvres de Fra Angelico, le Corrège, du Greco et bien sûr du Parmesan dans la galerie nationale..
Que dire alors de Vespasien de Gonzague, prince humaniste, qui fit construire une cité modèle à Sabbioneta, entourée de remparts. On peut y voir le palais ducal, l’église de la Vierge couronnée, la synagogue témoin d’une communauté juive importante. Au musée d’art sacré, découverte de la toison d’or offerte à Vespasien par le roi d’Espagne pour services rendus et retrouvée dans son cercueil.
Mantoue sous le soleil, c’est réjouissant. Entourée de trois lacs, l’ancienne capitale des Gonzague mérite vraiment le détour. On s’y sent bien et cela tranche avec Turin vu sous la pluie. Le palais ducal est impressionnant, les ruelles bondées abritent de nombreux cafés, bistrots et restaurants, les églises et palais se succèdent. Se promener dans Mantoue, un vrai délice malgré un programme toujours bien rempli. Car, avant de se rendre à Ravenne, il faut encore visiter le Palais du Te, édifié sur une ancienne villa romaine sur l’ile qui lui donne son nom. Toujours fascinant de se plonger dans ces époques qui conjuguent renaissance et maniérisme oùles chevaux occupent une place importante.
Ravenne, c’est l’ancienne capitale de l’empire romain d’occident. Ici la mosaïque est reine. C’est la deuxième fois que « Découverte et Culture » se rend dans cette cité légendaire. C’était en septembre 2007 pour un voyage centré sur la mosaïque. Effectivement, palais et églises regorgent de ces précieuses tesselles qui font sa gloire et attirent les touristes du monde entier. Saint-Apollinaire –le- Neuf, les baptistères des orthodoxes et des Ariens, témoins des luttes intestines au sein des églises, le palais archiépiscopal, le Duomo , l’église San Francisco, le Mausolée de Gala Placida témoignent d’une splendeur passée qui rime aussi avec chrétienté , où Théodoric et Justinien ont laissé leur empreinte. Flâner dans le cœur historique est un vrai bonheur.
Sur le chemin du retour, escapade à Colonata où, Maurice, le chauffeur du car, a pu montrer tout la dextérité de sa conduite sur les lacets de la route menant au village. Le lard y est excellent et réputé mais à Carrarra, il fallait rester de marbre, non pas à cause de la pluie, qui a perturbé la visite, mais à cause de la nuit qui s’est soudain abattue dans le Duomo à notre arrivée. Visiter une cathédrale dans la pénombre dénote chez le guide …une certaine piété. Puis, halte chez un marbrier copiant à l’aide d’un burin pneumatique une statue montrant ainsi tout son savoir-faire acquis au fil des ans.
Escapade aussi, un peu plus tard après une halte à Arenzano, au jardin botanique Hanbury dans la commune de Vintimille, le richissime Anglais ayant fait fortune dans le commerce des épices. Le grand portail franchi, plongée dans une ambiance de jardin exotique avec une incroyable variété d’espèces venues des quatre coins du monde. Promenade escarpée et instructive.
Le voyage en Italie ne serait pas complet sans une halte à Vintimille pour accomplir les derniers achats et si la gastronomie n’intervenait pas dans les discussions. Chaque fois, au cours de ce voyage, les plats typiques de la région furent très appréciés : bien sûr, les nombreuses variétés de pâtes, la charcuterie excellente, la pâtisserie comme la succulente sbrisolona … mais la découverte des « tortelli di zucca », ravioli fourré d’une farce faite à base de citrouille et de biscuit aux amandes saupoudré de parmesan a remporté tous les suffrages. Comme quoi, la culture fait bon ménage avec la gastronomie du pays. N’était-ce pas le but recherché ?
Réponse à la devinette : Il y en a 103 : 23 jusqu’à Vintimille, 60 jusqu’à Gênes et 20 jusqu’à Turin.
Texte : Alain Peynichou






programme Bordeaux Découverte pour adhérents





