Conférence « Beethoven », le 12 octobre 2023, par Françoise Espitalier-Canonge

Pour l’ultime conférence de Découverte et Culture, nous étions venus nombreux pour écouter Françoise Espitalier Canonge nous parler de Ludwig van Beethoven (1770-1827), mais nous avons surtout découvert la forme sonate ! Mais pourquoi donc ? Eh bien parce que la sonate est la forme musicale emblématique de la période du Classicisme (dans laquelle s’inscrit Beethoven), et que l’un ne va pas sans l’autre. Mais aussi et surtout, parce que Beethoven a magnifié cette forme (composée de quatre mouvements aux allures différentes) dont on peut dire qu’elle est le miroir de son époque et le reflet de l’homme du XVIIIème siècle.
C’est le moment où le concert, jusque là réservé aux élites aristocratiques, s’ouvre à un public élargi de bourgeois et de gens de simple extraction qui viennent écouter une musique instrumentale qui « sonne » Beethoven voulait que sa musique touche le plus grand nombre. Son souci d’universalité, son désir de fraternité et de justice, proches de l’esprit des Lumières, s’expriment par exemple dans sa neuvième symphonie.
Il se démarque de ses contemporains Mozart et Haydn, qui utilisent également cette forme, par son écriture qui bouscule tout, mélodie, rythme, harmonie … pour faire naître de nouveaux effets expressifs. D’un petit noyau initial de quelques notes, il développe ses thèmes en lançant son texte musical dans toutes les directions possibles, et de fait, en pulvérise l’organisation, dans sa recherche du sublime et de l’infini.
Beaucoup moins prolifique que Mozart (205 opus, pour environ un millier) Beethoven a été un homme tout simplement, avec ses souffrances dues à sa surdité et à ses difficultés matérielles.
Notons que c’est avec lui qu’est née la fonction de chef d’orchestre : sa musique non linéaire nécessitait que l’on donne le départ aux différents instruments.
Notons aussi que ses partitions étaient annotées en français !
Françoise n’a pas fait que nous enchanter par sa joyeuse érudition et son humour, elle a aussi titillé notre attention par l’écoute de différents extraits, et sollicité notre participation. Oui, nous avons chanté pom pom pom pom !

Une première pour la dernière conférence de Découverte et Culture …
Et pour tout cela, nous la remercions bien amicalement.
Texte : Isabelle Le Bellegui
Photos : André Amoros
Ci-dessous, l’hymne à la joie, extrait de la neuvième symphonie :

Conférence La Crète du 1er juin 2023 par Jean Philippe Lagrue
C’est donc à Jean-Philippe Lagrue qu’est revenue la mission de donner l’ultime conférence proposée cette saison par Découverte et Culture à propos de la Crète.

« Au large de la mer vineuse est une terre aussi belle que riche, isolée dans les flots, c’est la terre de Crète aux hommes innombrables, aux 90 villes dont les langues se côtoient » voilà comment Homère au VIIIème siècle avant JC parle de cette île qui devait sa prospérité à une thalassocratie incontestée. Car dès les temps anciens les Crétois, peuple maritime et commerçant, ont su tirer profit de la situation privilégiée de leur île en Méditerranée orientale.
Autres signes extérieurs de richesse, les palais minoens dont les restitutions quelquefois excessives constituent un des principaux attraits touristiques de l’île. L’Allemand Schliemann, puis l’Anglais Evans ont mis au jour ces gigantesques constructions labyrinthiques, avec leurs multiples appartements, leurs entrepôts à pithoi, leurs ateliers d’artisans, leurs entrelacs d’escaliers et de couloirs, et leurs mégaron décorés de fresques, où apparaissent un bestiaire dominé par le taureau et des danseuses aux coiffures sophistiquées.
On ne peut pas ne pas évoquer ici les récits légendaires autour de Thésée, Dédale et son labyrinthe, le Minotaure et Ariane sauvée par son fil … la mythologie grecque est très bien représentée en Crète, supposé lieu de naissance du tout-puissant Zeus …
Au carrefour des grandes voies maritimes, la Crète a aussi été convoitée et envahie au cours de l’histoire par ses voisins proches ou plus lointains, Grecs, Romains, Byzantins, Arabes, Vénitiens, Ottomans, qui ont laissé des vestiges divers, temples, sanctuaires, basiliques, fortins ou mosquées …
Rappelons que la Crète est aussi la terre natale de Dominikos Theotokopoulos dit Le Gréco, et de Nikos Kazantzakis.
Texte : Isabelle Le Bellegui
Photo : André Amoros
Conférence « Les Etrusques » par Pierrette Nouet, le 2 mars 2023
C’est avec grand plaisir que nous avons retrouvé, ce jeudi 2 mars, Pierrette Nouet invitée à nous parler des Etrusques (avant le voyage en mai prochain) dont le territoire, dans l’antique Italie, s’étendait grosso modo de l’Arno au Tibre. Leur culture fondatrice a pris naissance près de Bologne dès le XIIème siècle avant J-C, et leur influence s’est exercée jusqu’au IVème de notre ère. C’est dire l’importance de cette civilisation autochtone, hélas longtemps victime d’un regard romano-centré hérité de la puissance romaine, qui a parachevé son écrasement lors de son ultime victoire au IIIème siècle avt J-C.
Après onze siècles d’oubli, la découverte au XVIème de deux pièces majeures de l’art étrusque, la Chimère d’Arezzo, et l’Arringatore provoque l’éclosion d’une véritable « étruscomania ». Académies, sociétés savantes, musées (Volterra) apparaissent. Puis au fil du temps, les études s’affinent, les mythes s’effacent, et le XIXème siècle voit enfin
l’émergence de l’Etruscologie.
Les grands musées naissent, comme au Vatican et à la villa Julia à Rome. Et encore aujourd’hui, de très récentes et exceptionnelles découvertes toscanes viennent confirmer le génie de cette civilisation.
Pas d’état chez les Etrusques, mais une confédération de 12 cités, unies par la langue et la religion. La fertilité de leur territoire, alliée à de fortes dispositions pour le commerce, favorise une prospérité qui se révèle dans l’édification et l’ornementation de leurs tombes (Tarquinia, Cerveteri) l’épanouissement de leurs productions artistiques (orfèvrerie, céramique, sculpture …) et la profusion de leurs fêtes religieuses (Orvieto).
Mentionnons que chez les Etrusques, la femme avait un statut important : par exemple, la materfamilias portait son propre nom, était en charge de la transmission de la culture …
Ce peuple joyeux et épris de liberté avait aussi un profond sens de la fête.
Il va sans dire que, s’il en était besoin, Pierrette Nouet, avec son grand talent et son humour, n’a pas manqué d’éveiller ou de relancer notre intérêt et notre curiosité pour les Etrusques, dont Stendhal disait : « ce peuple visiblement avait l’air d’être heureux ».

Texte : Isabelle Le Bellegui
Photo:André Amoros
Conférence « Sens et symboles des arbres et des plantes dans l’art occidental de l’antiquité à nos jours », le 2 février 2023 par Jean Philippe Lagrue
Le jeudi 2 février 2023, Jean Philippe LAGRUE, Archéologue et conférencier en histoire de l’art nous a régalés d’une conférence sur le thème « Sens et symboles des arbres et des plantes dans l’art occidental de l’antiquité à nos jours ».
Vaste sujet, et qui fut abondamment illustré ! Les sociétés anciennes étaient en contact étroit avec la nature, la craignant et la vénérant à la fois. En témoignent des textes des mythologies grecque et romaine, de la Bible, et retraçant par exemple le don des céréales par Déméter… Mais aussi la représentation de certaines plantes sur un arc de triomphe, ou une villa à Rome.

Comme l’écrivait notre conférencier dans sa présentation, « L’arbre (palmier, pin, cyprès, peuplier, chêne…) participe aux trois mondes, souterrain, terrestre et céleste, est vénéré ou redouté, et la plante (laurier, myrte, genévrier, lierre…) qui capte les forces ignées de la terre et reçoit l’énergie solaire, porte en elle des qualités aussi bien nutritives que spirituelles ».
Les plantes ont été l’attribut de certains dieux, ainsi la vigne et Dionysos, mais la vigne et le vin sont aussi mentionnés dans la Bible. Ces plantes de l’abondance (olivier, blé et vigne) sont porteuses de symboles forts. Certains arbres et plantes (palmier, chêne, laurier) étaient des symboles de victoire : le laurier était la plante d’Apollon, symbole de chasteté et de victoire, ainsi la couronne de laurier… Le myrte, le genévrier (symbole de chasteté), le lierre (symbole de fidélité) étaient des « plantes de l’amour ». Mais certains arbres avaient une connotation plus sombre, ainsi le saule, symbole du péché et du Christ, le peuplier et le cyprès, arbre funéraire ; quant au pin, il était lui symbole d’immortalité.
Nous regarderons sans doute les arbres autrement, maintenant que nous connaissons un peu leur histoire, qui souvent éclaire leurs noms. Et nous penserons à certains de nos peintres, qui les ont magnifiés, des cyprès de Van Gogh aux pins de Cézanne…
Texte : Françoise Birg
Photo : André Amoros
Annulation de la Conférence « les fortifications militaires de Martigues »du 19 janvier 2023 par Alain Croce
Bonjour
En raison d’une journée nationale d’action et de grève, nous ne pouvons pas assurer la conférence sur « les fortifications militaires de Martigues » qui était prévue le 19 janvier 2023. Nous allons essayer de trouver une autre date pour la tenue de cette conférence.
Conférence « Les vaccins à quoi ça sert? de Pasteur à la COVID-19 « , 17 novembre 2022
Découverte et Culture fête les anniversaires en cette année 2022 !
Après le centenaire du décès de Marcel Proust, place à la « culture scientifique ! »
A l’occasion du bicentenaire de la naissance de Pasteur, Bernard BINETRUY, Directeur de Recherche à l’Institut National de la Santé et de la Recherche Médicale (Inserm) a donné une conférence, « Les vaccins à quoi ça sert? De Pasteur à la COVID-19 « le 17 novembre 2022.

Après un peu d’histoire, Jenner et la vaccine, les travaux pionniers de Pasteur, et les progrès en santé humaine apportés par les vaccins, avec l’éradication de certaines maladies infectieuses, notre conférencier a abordé les grands principes de la vaccination, notre système immunitaire, avec ses composantes innée et adaptative, et comment « faire un bon vaccin ». Les différentes approches vaccinales et les différents types de vaccins ont été détaillés
Mais l’actualité, avec l’épidémie de Covid et les réussites des vaccins à ARN messager, était surement l’aspect le plus attendu de cette conférence. La rapidité de mise au point de ces vaccins « révolutionnaires » en santé humaine a été permise par la conjugaison d’années de recherche fondamentale, avec tous les développements des outils de génie génétique, et le séquençage de ce nouveau virus, le SARS-COV2. L’antigène à cibler pour la vaccination a été rapidement identifié comme étant la protéine virale SPIKE, et la première génération de vaccins à ARNm a été testée dans de larges essais cliniques, et utilisée moins d’un an après le début de cette pandémie. Cette technologie permet aussi de modifier rapidement la séquence vaccinale en fonction des évolutions/mutations du virus, et ainsi de remédier à la diminution au cours du temps de l’immunité vaccinale.
De grands espoirs sont fondés sur l’utilisation potentielle cette technologie des vaccins à ARNm pour traiter d’autres pathologies, que ce soit certaines maladies rares ou formes de cancers. Après cette conférence, nous suivrons tous l’actualité médico-scientifique avec de nouveaux outils de compréhension !
Texte : Françoise Birg
Photo : André Amoros
Causerie « Proust vu par un lecteur », le 13 octobre 2022
Pour la première conférence de cette nouvelle saison, c’est Claude Madelénat, adhérent de Découverte et Culture, qui nous a emmenés à la rencontre de Marcel Proust, dont il a été, dès son adolescence, un lecteur sensible et attentif.

Claude s’est donc attaché à nous présenter ce monument de la littérature française, à l’image un peu difficile et poussiéreuse, dans toute son humanité, son génie, et son sens aiguisé de l’humour et de l’ironie.
Fils de médecin, héritier d’une fortune considérable, n’ayant jamais eu à gagner sa vie, Proust a très tôt pressenti son destin d’écrivain. Il a eu toutefois des difficultés à se faire éditer, et le succès ne lui pas été acquis facilement … La musicalité, l’emploi des images et des métaphores, les effets poétiques sont caractéristiques de son style, sans oublier la longueur de certaines de ses phrases.
A la recherche du temps perdu est bien sûr son œuvre majeure, son « œuvre cathédrale » Ce temps, essentiellement subjectif selon lui, dont il disait : « Une heure n’est pas une heure, c’est un vase rempli de parfums, de projets et de climats »
La mémoire – volontaire ou spontanée – est un autre des grands thèmes qui traversent ce vaste cycle romanesque de plus de 3000 pages et plusieurs centaines de personnages.
Un grand merci à Claude, qui nous a rendu plus proche et plus familier cet immense auteur, à qui on laisse bien sûr le mot de la fin, rapporté dans ses mémoires par Céleste, sa précieuse et dévouée gouvernante :
- Vous savez, ma chère Céleste, il est arrivé une grande chose cette nuit.
- Monsieur, je ne sais pas ce que cela peut être.
- Eh bien je vais vous le dire, j’ai mis le mot FIN. Maintenant je peux mourir.
C’était en 1922, juste quelques mois avant sa mort, à 51 ans …

Et nous, après cette heure en compagnie de Proust, nous sommes repartis chacun avec une vraie et délicieuse madeleine !
Texte : Isabelle Le Bellegui
Photos : André Amoros
Conférence « Comprendre les troubles du cerveau en développement pour mieux y remédier », le 24 mars 2022 par Jacques-Olivier COQ
Dans le cadre de la semaine du cerveau, et en collaboration avec Découverte et Culture, soirée très intéressante hier, jeudi 24 mars, à la salle des conférences de l’hôtel de ville de Martigues, où un public attentif était venu écouter Olivier Coq chercheur au CNRS nous aider à « comprendre les troubles du cerveau en développement pour mieux y remédier ». Et effectivement il nous a aidé, par une présentation claire et avec beaucoup de pédagogie, car il en faut pour un sujet aussi « énorme et complexe » que le cerveau. Mais ceci ne fut qu’une partie de la soirée, car après son exposé, Olivier Coq a répondu avec beaucoup d’enthousiasme aux questions que le public, curieux, lui a posées, et qu’il a lui même incité à poser.

Encore une soirée fort enrichissante, comme elles le sont toujours, avec la semaine du cerveau. Nous en profitons pour remercier tous ces chercheurs qui acceptent avec bonne grâce, passion, de prendre du temps pour nous présenter des sujets que nous ne pourrions aborder seuls ou dont la lecture serait très ardus. Merci à tous et vive la RECHERCHE.
Conférence « les remparts de Martigues » par Hélène Martino, le 24 février 2022
Ce soir nous avons accueilli Hélène MARINO, archéologue conservateur du patrimoine de la ville de Martigues, qui a pris plaisir à nous présenter les fouilles qu’elle avait supervisées et qui ont permis de mettre au jour l’enceinte de Martigues au 16e siècle. Murs d’escarpe, de contre escarpe et fossés ont été identifiés après une enquête longue et minutieuse réalisée aux archives locales. Hélène nous a fait comprendre le mécanisme du déchiffrage « des bouts de murs » découverts à Jonquières par le croisement des données historiques (plans anciens, iconographies, guerres de religion etc…). Les fortifications de Jonquières ont aujourd’hui disparu mais le boulevard Richaud, le cours du 4 septembre, ainsi que la place des martyrs conservent la forme des remparts. Désormais nous ne verrons plus « le cours » de la même manière. Merci Hélène.

Texte et Photo : André Amoros
Conférence « Le Pays de l’étang de Berre au Grand siècle (XVIIe s)» par Jean Philippe Lagrue, le 13 janvier 2022
Malgré le froid ils étaient là, pour venir entendre Jean Philippe Lagrue dans sa dernière conférence sur : le « Grand siècle » dans le pays de Berre.
Fin de ce cycle fort intéressant sur notre région. Cette conférence nous a permis de voir avec « d’autres yeux » certains monuments que nous connaissons bien par ailleurs : l’hôtel de ville de Marignane, celui de Salon, sans oublier les nombreuses églises et chapelles de ce XVII ° siècle.
Martigues ne fut pas oublié avec l’hôtel Colla de Pradines (ancienne Mairie) les églises des trois quartiers, dont la « cathédrale » de l’île et bien entendu la chapelle de l’Annonciade.
Hôtel Colla de Pradines
L’Annonciade
Belle conférence et bonne soirée donc ! A bientôt pour la prochaine conférence avec Hélène Marino , archéologue qui nous parlera des Remparts de Martigues au XVI°siècle, le jeudi 24 février.