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Zeus, le maître de l’Olympe, Dominikos Theotokopoulos dit Le Gréco, Nikos Kazantzakis auteur du roman Zorba le Grec, Nana Mouskouri … tous natifs de Crète, récemment visitée par les voyageurs de Découverte et Culture.
Loin d’une image de vacances balnéaires et de farniente, essentiellement donnée par la côte nord de l’île, cette terre insulaire, posée en plein cœur de la Méditerranée orientale, et donc placée aux croisements des routes maritimes reliant l’Europe, l’Afrique et l’Asie, a une longue histoire d’invasions, d’occupations, de batailles, de résistance, pour finalement acquérir son indépendance à la toute fin du XIXème. Habitée depuis le VIIIème avt JC, elle fut tour à tour colonisée par les Grecs continentaux, les Romains, les Byzantins, les Arabes, les Vénitiens, les Ottomans.
C’est dire la variété et la richesse des influences auxquelles elle fut soumise, et donc des traces du passé qui attirent le visiteur.
Accompagnés par Manolis, ancien étudiant à la faculté de lettres d’Aix en Provence, et aujourd’hui guide exceptionnel que nous avons énormément apprécié pour ses qualités humaines, ses compétences de scientifique, ses talents de conteur et son humour, nous avons donc découvert les sites minoens de Phaestos et de Knossos, palais labyrinthiques produits d’une très brillante civilisation qui développa, il y a 4000 ans, l’agriculture, l’élevage, mais aussi l’artisanat et les arts. Les sites eux-mêmes, très vastes, peinent à en rendre compte bien sûr, mais le musée archéologique d’Héraklion nous a permis d’en admirer les chefs d’œuvre : fresques, vases à libation, poteries, orfèvrerie, cercueils en terre cuite… pour n’en citer que quelques-uns. Ce moment au musée fut vraiment éblouissant.
le disque de phaestos au musée d’Héraklion
Hormis l’intermède de l’invasion arabe, la période byzantine a légué de nombreuses églises ; plan en croix grecque, coupoles, riches iconostases caractérisent ces sanctuaires. Mais c’est à partir du XIIIème siècle, avec l’arrivée des Vénitiens, que s’opère l’étonnante symbiose entre l’art et l’architecture byzantins et les influences venues d’Italie, particulièrement visible aux monastères d’Agia Triada et d’Arkadi, dont les façades témoignent de la « Renaissance crétoise ». La formidable puissance militaire et commerciale de Venise s’est aussi exprimée dans les ports, arsenaux, forts, remparts d’Héraklion ou de la Chanée.
La fin du XVIIème voit le début de la domination des Ottomans qui réutilisèrent nombre de ces constructions vénitiennes. Après leur départ, la plupart furent détruites. Subsistent seulement quelques mosquées, fontaines à ablutions et minarets, et surtout les élégants kiosques en bois aux premiers étages des maisons anciennes de Rethymnon.
Divers héritages certes en Crète, mais aussi les « travaux et les jours » au quotidien: la dégustation de vins et d’huiles d’olive (35 millions d’oliviers crétois) au monastère d’Agia Triada, la visite chez la potière aux facétieuses répliques de modèles antiques, le cours de cuisine où nous avons joyeusement préparé tzatziki et chaussons au fromage, la démonstration d’un des derniers artisans, champion de l’étirement de la pâte phyllo (du grec « feuille ») les pains de mariage minutieusement décorés par des dames organisées en coopérative, ou bien la dégustation, en pleine nature, de fromages encore tièdes préparés sous nos yeux par le berger. Ces rencontres ont été une heureuse et agréable composante de ce séjour crétois.
le groupe sur le site de Knossos
Texte : Isabelle LeBellegui
Photos : André Amoros
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