Classé dans : Voyages
PERIPLE EN ETRURIE
Nous sommes partis 22 et par un prompt renfort d’une météo humide, nous sommes arrivés le soir même à Volterra. Mais les haruspides, qui lisent le futur dans le foie de mouton, nous ont accordé une semaine très agréable sous un soleil radieux.
De toutes les civilisations disparues, celle des Etrusques, des Alpes ligures à l’embouchure du Tibre, présente ce curieux paradoxe d’être une des plus proches de nous et cependant une des plus énigmatiques. Et c’est ce qui a excité notre curiosité et notre intérêt pour ce voyage.
Un voyage très dense, sur mesure, organisé par les membres du bureau de Découverte et Culture, avec en toile de fond le charme des paysages toscans et les saveurs de la cuisine italienne. Qu’ils en soient remerciés.
Dés la première période dite Villanovienne, il semble juste de dire que les Etrusques du IX ème siècle avant JC, n’appartiennent pas à une seule ethnie mais qu’ils sont le résultat du brassage d’une population autochtone avec une immigration commerciale (Phéniciens, Carthaginois, Grecs…) et cela dès le passage de l’âge du bronze à l’âge du Fer.
La grande lacune, c’est la langue étrusque. Aucune des cités ou nécropoles explorées jusqu’à présent n’a livré ces trésors que sont les bibliothèque antiques. Le matériel d’étude est resté très fruste. Pas de textes historiques ou religieux, de poèmes ou de littérature familière.
L’abondance de l’art funéraire (le rite de la crémation semble être généralisé), des tombes comme celles de CERVETERIA, ou peintes comme celles de TARQUINIA, la profusion d’urnes funéraires que nous avons vues dans les musées, depuis les grands sarcophages à figures humaines en position de triclinium (banquet) jusqu’aux modestes bas reliefs, ne nous révèlent pas grand chose de la vie et de l’esprit de ce peuple qui a gardé le silence sur lui même.
Donc, au VII ème siècle avant JC une partie de ce peuple se déplace vers la mer pour commercer et c’est aussi la formation des Cités Etat, les fameuses dodécapoles qui malheureusement pour leur unité n’auront aucun sentiment national.
A POPULONIA on exploite le minerai de fer que l’on amène de l’île d’Elbe. Aussi, les Grecs avides de ce précieux métal se précipitent-ils pour négocier cette indispensable denrée en échange de leurs poteries.
Les femmes étrusques n’hésitèrent pas longtemps pour échanger leurs vases en terre grossière et leurs céramiques bucchero néro contre ces magnifiques poteries attiques. Si bien que la demande étant très importantes, des artisans grecs viennent même s’installer en Etrurie.
Sur le site de BARATTI, nous grimpons et sommes récompensés et émerveillés par nos premières rencontres avec les tombes chambres sculptées dans la roche sédimentaire, par les tombes hypogées, les tumulus et autres édicules. Nous retrouverons par la suite dans les musées, le matériel funéraire et les urnes cinéraires qui ont été récupérés et exposés. Il en sera de même pour les reconstitution de tombes.
Nous avons parlé plus haut de TARQUINIA, où le musée est installé dans le palais Vitelleschi, avec une vue imprenable sur la campagne toscane, et dont la pièce maîtresse est le fronton du sanctuaire Ell’Ara Della Régina, avec ses deux chevaux ailés tirant un char (IV ème siècle avant JC) qui est l’emblème de Tarquinia.
Tout aussi fantastique, CERVETERIA, la cité la plus méridionale. En effet, on s’éloigne un peu de la mer pour éviter les pirates. Là, dans la nécropole de la Banditaccia, nous découvrons les tombes hypogées taillées dans du tuf, cette roche sédimentaire très poreuse facile à travailler mais qui ne peut pas être peinte. L’organisation est hippodamienne (en échiquier ou orthogonale).
Tout au long de notre périple, nous avons trouvé une particularité sur chacun des sites. Par exemple à ORVIETO nous avons vu, dans le musée archéologique national, les fresques peintes des tombes de Golini qui ont été détachées de leur support et remontées dans les tombes reconstituées du musée. Cette technique a été abandonnée car délabrante et irréversible.
A CHIUSI (V ème siècle avant JC), une cité souveraine. Nous découvrons des cinéraires dont le couvercle en terre cuite représente une figure humaine, une tête sculptée…
photo du groupe devant le musée de Chiusi
A PERUGIA, cette fois nous voyons les différentes époques de construction les unes sur les autres au cours des siècles. Pour cela, nous partons de la ville actuelle (Renaissance) et nous descendons dans la forteresse romaine en brique appelée Paolina (Pauline, du Pape Paul III)… Grandiose, profonde de plusieurs dizaines de mètres. Et dans le bas, nous retrouvons une porte étrusque avec ses grandes pierres blanches… Et les tours moyenâgeuses sont incluses dans la ville Renaissance…
A partir du IV ème siècle. le déclin des Etrusques a commencé et les Romains reprennent les villes et finissent en 264 avant JC par annexer le territoire. En 90 avant JC, les Etrusques deviennent citoyens romains.
Cerise sur le gâteau, sur le chemin du retour, nous visitons la ville fortifiée de LUCCA (180 avant JC) occupée par un Castrum romain pour filtrer l’avancée des Ligures.
Lucca a su rester un Etat indépendant jusqu’en 1800, alors que dès la Renaissance Florence dominait toute la Toscane sauf Sienne. Son Eglise San Frédiano des VI et VII ème siècles, son amphithéâtre romain qui est aujourd’hui une superbe place ronde, sa Cathédrale San Martino où se trouve le gisant en marbre d’Illaria Del Caretto (seconde moitié du XII ème siècle).
Enfin…… c’est la ville de Giacome PUCCINI.
Texte : JOËL NICOLAS
Photo : ALAIN PEYNICHOU





Laisser un commentaire
Vous devez être connecté pour rédiger un commentaire.